@lifeofpix

Après des années d’hésitation et de doute, j’ai viré ma cuti et je me suis lancée. Je suis désormais l’heureuse (mais sceptique) propriétaire d’une liseuse Kindle. On ne va pas refaire ici tout le débat « odeur du livre et émotion du papier qui craque » Vs. « liseuse légère et pratique » – en ce qui me concerne, j’ai l’impression que les deux formats sont plus complémentaires que concurrents.

Ne parlons pas de livre, donc, et concentrons-nous plutôt sur une des principales librairies : la Kindle Store d’Amazon, qui propose à la vente quelques milliers de livres numériques. Sa particularité : y sont présents un grand nombre de livres autoédités (c’est-à-dire que les auteurs ont directement mis en ligne, sans passer par le truchement d’un éditeur). Tant que je ne possédais pas de liseuse, je ne m’étais jamais aventurée dans ce coin-là du Net. Ma première impression, je vous le dis tout net, n’est pas des plus positives : la Kindle Store est une véritable cour des miracles.

Il  y a du choix, ça c’est sûr. Mais il y en a presque trop et cette avalanche de titres dont rien ou presque ne me permet de juger de la qualité m’inhibe plus qu’elle ne m’invite à la découverte – un peu comme quand la carte du restau chinois est si longue (et si imbitable) qu’on finit invariablement par lâcher l’affaire et commander le même plat que la dernière fois.

Mettons à part les versions numériques de livres qui sont déjà des best-sellers  « physiques » et qui sont publiés par de grandes maisons d’édition. Ceux-là – au demeurant pas si nombreux, les éditeurs classiques ne se précipitent visiblement pas sur le marché numérique – sont évidemment proprets et bien présentés. Et horriblement chers, aussi.

Une grande partie des ebooks est publiée par de petites maisons ou par les auteurs eux-mêmes et c’est à eux que je m’intéresse – j’ai acheté une liseuse dans l’idée de découvrir d’autres auteurs et d’autres collections que les têtes de gondole de la Fnac.

Quels outils sont à notre disposition pour repérer des titres intéressants ?

Avec un livre « physique », on a deux principaux repères : la couverture et la quatrième de couverture. Sur la Kindle Store, les couvertures sont souvent moches (no offense) ou pas adaptées à la façon dont elles sont visionnées (un tout petit rectangle sur un écran) et les quatrième de couv des livres auto-édités semblent souvent avoir été rédigées, pour le dire gentiment, à la hâte.

Au temps pour la couverture et le résumé. Quelles sont nos autres possibilités ?

Amazon nous permet de trier par : nouveautés, auteur, prix, genre et avis lecteur.

Éliminons tout de suite le critère dont l’inefficacité est la plus flagrante : le prix. Je comprends qu’à première vue, cette catégorie puisse paraître importante. La plupart d’entre nous a un revenu limité et on évite en général de claquer 10 euros si on peut n’en dépenser que 2 pour la même chose. SAUF QUE : « pour la même chose ». Le prix est un critère de choix valide quand on a deux biens (ou services) dont les caractéristiques sont à peu près comparables et peuvent être connues à l’avance : entre deux papiers toilettes à peu près identiques et qui me rendent strictement le même service, je vais opter pour le moins cher. Pour les livres, ça ne marche pas super : je ne sais pas, tant que je ne l’ai pas lu (et si l’auteur n’est pas connu), si ce roman va me plaire ou me faire bailler. Je ne sais pas s’il « vaut le coup » davantage que son voisin qui est, certes, un euro moins cher – mais dont, peut-être, la quatrième de couverture ne m’attire pas (le prix est d’autant moins important que les fourchettes de prix sont en général réduites et que les différences se jouent rarement à plus de quelques euros).

Trier par genre est déjà beaucoup plus pertinent. On rencontre là un autre problème : je ne suis pas convaincue du tout par la classification opérée, dont j’imagine qu’elle est laissée à la discrétion des auteurs/éditeurs. J’ai vu un paquet d’ouvrages étiquetés « SF » qui relèveraient plutôt de l’horreur ou de la fantasy. On revient donc à la case départ : je dois lire le résumé (souvent peu clair) pour comprendre si ce livre est effectivement un bouquin de SF ou s’il parle de vampires.

Les avis des lecteurs, qui pourraient être la panacée, souffrent de deux (gros) défauts. D’abord, hors livres à grand succès (pour lesquels, par définition, l’avis client est à ce stade superflu), les avis sont souvent peu nombreux. Un livre peut donc avoir une très bonne note globale fondée sur quatre malheureux lecteurs – même sans être pro des statistiques, il est évident qu’il y a un problème de fiabilité. Ensuite, les avis sont la plupart du temps peu détaillés et ne me permettent pas de savoir si je partage ou non les critères de jugement du lecteur qui s’est exprimé : peut-être que M. X a détesté ce bouquin pour les mêmes raisons qui vont faire que je vais l’adorer.

Comment fait-on, alors ? En toute franchise, je ne sais pas encore. Ma stratégie consiste pour l’instant à piocher dans le top 100. Mais ce n’est pas très satisfaisant

Et vous, vous choisissez comment ?