Beaucoup de bons romans de SFFF donnent lieu à des adaptations cinématographiques. Pour les lecteurs/spectateurs, cette situation donne lieu à tout un tas d’épineuses questions : quels sont les atouts du bouquin ? et ceux de son adaptation ? quand on a lu le roman, regarder le film en vaut-il la peine ? ou bien va-t-on faire une crise cardiaque en découvrant qu’un des personnages secondaires a été rayé de l’intrigue et que la fière guerrière a été transformée en cruche énamourée ? Pour vous, Futur Conditionnel mène l’enquête.

Et l’honneur d’inaugurer cette rubrique revient à Seul sur Mars, qui est à la fois un livre d’Andy Weir publié en 2011 et un film de Ridley Scott sorti en 2015.

L’intrigue

Un astronaute se retrouve coincé sur Mars, dans une station d’observation, suite à une tempête au cours de laquelle il a été séparé de ses collègues qui sont rentrés dans leur navette spatiale et qui ont emprunté le chemin du retour.

Notre héros est donc… seul sur Mars – comme dans le titre ! Coincidence ? I think not.

Survivra ? Survivra pas ? Mystère et boule de gomme (bon, on parle quand même d’un film américain…).

La guerre des qualités
  • Le livre 

Le roman a été loué pour sa précision technique. Les déboires du héros sont racontés avec un sens du détail et un souci du réalisme rarement rencontré. Le suspens est bien maintenu grâce à des retournements de situation fréquents : à chaque fois qu’on pense notre personnage tiré d’affaire, il se retrouve dans une situation fatale. A moins que…

Bonus : le début est l’un des plus percutants qui soient. Le livre est relativement court et se lit facilement (malgré une traduction en français qui confine à l’hérésie, surtout dans la première partie).

  • Le film

L’intrigue est bien rythmée et les effets spéciaux sont convaincants, sans sensationnalisme excessif. L’astuce narrative pour transformer le journal intime écrit en film est joliment trouvée (le héros raconte son histoire devant une caméra) et l’artifice n’est pas pesant. Matt Damon, qui incarne l’astronaute débrouillard, joue bien et rend le personnage attachant.

Le combat des défauts
  • Le livre

La précision technique a son revers : le béotien n’y comprend rien et le roman s’avère parfois austère. La psychologie du personnage est plus ou moins inexistante et les personnages secondaires sont des stéréotypes sur pattes. L’espèce de leçon morale qui clôt le roman paraît à la fois naïve et artificielle : on a l’impression que l’auteur s’est rappelé au dernier roman que son histoire devait porter un message.

  • Le film

Difficile d’expliquer des détails techniques sans sombrer dans un monologue assommant : l’adaptation fait le choix de la facilité et les problèmes rencontrés par le héros sont simplifiés. Certains rebondissements disparaissent carrément de l’intrigue. Le film est assez léger et l’on ne s’inquiète pas vraiment pour le héros.

Verdict ?

Un fan de détails scientifiques qui suit les avancées de l’exploration spatiale depuis toujours et qui conserve précieusement ses vieux numéros de Science & Vie Junior va se régaler avec le livre.

Si l’on cherche un divertissement facile, drôle, émouvant et oublié en dix minutes, c’est vers le film qu’il faut se tourner.

La prochaine fois, on étudiera le cas de La stratégie Ender.